Historique
Au départ était l'homme des champs, autosuffisant grâce
à son potager. Puis vint le déracinement de l'ouvrier.
Le 21 octobre 1896, l'abbé Jules Lemire, député
du nord, crée La ligue du coin de terre et du foyer pour consolider
la famille en l’établissant sur sa base naturelle :<<
la terre et le foyer>>, et pour distraire l'ouvrier de sa machine,
l'aider à se nourrir, s'oxygéner... , les jardins sont
une panacée, Ouvriers puis familiaux. Besançon n'est pas
en reste dans cette histoire sociale.

Abbé Lemire.
© Fédération Nationale des Jardins Familiaux
Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer
Entre 1898 à 1903, les premiers jardins Ouvriers prennent racine
sur des terrains municipaux. Le patronage revient alors à l'Institution
Sainte-Marie, Des lopins de campagne font de la résistance à
l’urbanisation galopante.
Pendant la Première comme la Deuxième Guerre mondiale,
face aux problèmes de ravitaillement., les jardins sont réquisitionnés
et nourrissent les soldats.Après 1945, le credo des jardins ouvriers
fléchit. Est-ce la poussée des HLM, l'amélioration
du niveau de vie, le développement des résidences secondaires
? Toujours est-il que, de 700.000 après la guerre en France,
les jardins ouvriers chutent à 130.000 en 1978. Jusqu'à
l'embellie des années 80, quand le poulet aux hormones commença
à écoeurer, que cette campagne à la ville redevint
en odeur de sainteté. Sauf que d'ouvriers, ces jardins sont devenus
familiaux, plus exclusivement réservés aux seules familles
ouvrières.

A Besançon, l'embellie de ces jardins ne se démentit
pas, depuis 1986, date de création de l'association, quatorze sites ont été aménagés, soit
plus de huit hectares de terrain municipaux. Si les jardins historiques
sont bien sur ceux de Planoise,ces poumons du jardinage essaiment, aujourd'hui
tous les quartiers: Velotte, Vaite, Gare d'Eau, Malcombe, SaintFerjeux,
Tilleroyes, rue de Vesoul, Clairs-Soleils, Battant, Chaprais,Port douvot Et un
quinzième vois le jour début 2001 chemin des Relançons
aux Orchamps, puis un seizième Isenbart ouvre début 2006.
Le président de l'Association des jardins familiaux qui gère
les jardins depuis 1995. Jean-Claude Falcinella, parle d'une longue
liste d'attente de candidats à un lopin de terre.
« Pour nourrir la famille» Il y a encore une majorité
de personnes modestes qui jardinent avant tout pour nourrir la famille.
50% d'ouvriers, 70 % de Personnes d'origine étrangère,
de plus en plus de retraités.
Localisation des Jardins Familiaux à Besançon
Besançon, ville franc-comtoise de plus de 110 000 habitants en
1990, est dotée d'un riche patrimoine vert. Sa superficie totale
communale est de 6505 hectares, dont 37 % sont des espaces verts principalement
composés de forêts communales.
La partie minoritaire des espaces verts est formée de parcs publics
d'accompagnement, d'espaces naturels urbains vierges, d'espaces sportifs,
de réserves foncières vertes, de cimetières et
de Jardins familiaux.
Sur un patrimoine vert communal de 2407 hectares, 7 hectares sont
aménagés en Jardins familiaux à Besançon.
En 1996, les jardiniers locataires, citadins bisontins, sont au nombre
de 344, répartis sur seize sites de taille et de situation
géographique variables.
Besançon présente une dispersion de ses seize sites
tout son territoire communal.
- Ainsi, on constate que la moitié des jardins est regroupée
sur le secteur sud-ouest, soit 202 parcelles sur plus de trois hectares
: Bousserotte, La Malcombe, Montoille, Port-Douvot, Schlumberger,
Velotte, et Rosemont-Vignerons.
- Presque un quart se trouve sur le secteur nord-est, soit 82 jardins
sur deux hectares et demi Brûlefoin, Colombot et La Vaite et Relançons.
- Trois sont au centre-ville ou proche de la boucle du Doubs, soit
30 jardins sur 80 ares environ : La Gare d'eau et Fort Griffon et Isenbart.
- Les deux derniers sites sont localisés au Nord, ( La Combe
aux chiens ), et à l'ouest, Les Tilleroyes ), soit 3 8 jardins
sur une surface d'un peu plus d'un hectare.

(carte plus visible sur "les sites")
Ces seize petits coins de terre ne bénéficient pas
tous de la même protection dans le Plan d'Occupation des Sols
(P.O.S.). Seuls les sites de la Combe aux chiens, La Gare d'eau, Montoille
et Tilleroyes sont en zone N.D., c'est-à-dire en zone de protection
du paysage.
En revanche, les sites de la Malcombe, Rosemont-Vignerons et Schlurnberger
sont en zone U.C., ou zone d'habitat collectif Brûlefoin et Colombot
sont en zone U.D., c'est-à-dire en habitat mixte. Velotte se
trouve sur une zone U.D.a., en habitat plus dense. La Vaite est en zone
1N.A., zone de réserves foncières pour les besoins d'
urbanisation. Bousserotte occupe une zone Z.A.C. (Zone d'Activité
Commerciale ). Enfin, Fort Griffon est en zone de secteur sauvegardé
; néanmoins, ces sites ne sont pas protégés en
tant que terrains comportant des Jardins familiaux.
L'unique protection existante est inscrite dans une convention signée
entre la Mairie de Besançon et l'Association des Jardins Familiaux
le 31 octobre 1986 (selon les articles 562-1 et suivants du code rural) . Cette dernière stipule que la ville s'engage,
devant une éventuelle reprise foncière, à rechercher
et à remettre à la disposition de l'Association des surfaces
équivalentes, sans préjudice des indemnités dues
pour les frais de réaménagement.
Pour conclure, il est important de signaler que la surface moyenne d'un
jardin familial bisontin est de 229 m², chiffre proche de la moyenne
nationale qui, elle avoisine les 200 m².