Les jardins familiaux, une activité centenaire
Sources de revenus complémentaires ou aires de détente, 350 parcelles communales sont attribuées chaque année a autant de Bisontins motivés.
Propagateur des jardins ouvriers à La fin du XIXè siècle dans le Nord, l' abbé Lemir a rapidement fait des émules dans l' Hexagone et en particulier à Besançon. Tour à tour, Les Petites Soeurs des Pauvres, l' armée, La Caisse d' épargne, la Ville et enfin, depuis 1986, l' association des Jardins familiaux de Besançon et environs, créée à l' époque avec le soutien de Pautette Guinchard-Kunstler, ont veillé à maintenir et développer cette activité populaire. Disséminées sur 15 sites à travers tout le territoire communal, 350 parcelles municipales d' une superficie de 100 à 250 m² trouvent preneur chaque année. « Il s' agit d' un bail de type
rural portant sur l' année culturale qui s' étend du 11 novembre au 1 er novembre », explique Jean-Claude Falcinella, président de l’association. Le simple fait d' acquitter dans les temps sa cotisation suffit pour que la parcelle ne change pas de main à l' heure de La redistribution. « Par soucis de transparence et d' équité, j' ai institué dès mon arrivée une commission de répartition », enchaîne Le successeur en 1995 de Claude Curty. Sur la base de critères sociaux, priorité est accordée en effet aux familles nombreuses et/ou dans le besoin ainsi qu 'aux demandeurs d' emploi. Ensuite, une fois les cotisations réglées, les terrains encore disponibles sont attribués à partir d' une liste d' attente classique sur laquelle chacun peut s' inscrire.« Le droits annuels varient en fonction du secteur et des équipements mis à la disposition des locataires. Cela va de 32 euros par an, assurance comprise, sur le site de Bousserotte à Planoise qui ne dispose d' aucune installation spécifique, à 90 euros aux Tilleroyes par exemple pour une grande parcelle avec l' assurance, l' eau, un cabanon, un composteur l' accès à un groupement d' achat et l' abonnement à la revue du Jardinier.
PORTRAIT
Bernard Krach, le jardinier fidèle
Son premier contrat de location paraphé par Bernard Girardot, alors adjoint à l' Environnement, date de mars 1978. Depuis Bernard Krach, 70 ans, n' jamais cessé d' occuper une parcelle du territoire communal. A Rosemont-Vignerons jusqu' en 1990 puis à la Vaite. « J' ai demandé à changer parce que cela me faisait de trop longs déplacements, précise cet ancien fonctionnaire de la Préfecture, domicilié dans le quartier des Cras. Je suis bien à la Vaite où l' ambiance est conviviale mais je regrette parfois l' animation qui régnait au Rosemont. Il y avait plus de vie du fait que beaucoup de nationalités étaient représentées. On découvrait des légumes d' autres pays, on discutait, c' était sympa ». Adepte inconditionnel du jardinage propre - « Quel bonheur de consommer des produits cultivés naturellement ! Ils ont une qualité qu' on ne trouve pas ailleurs » -, le trésorier adjoint de l’association des jardins familiaux de Besançon et environs, avoue avoir toujours été sensible aux problèmes de pollution et de gâchis. Avec son épouse, peut-être encore plus assidue, il veille à la bonne période sur ses légumes, ses fleurs et ses petits fruitiers. Un bonheur simple qui se double parfois de la lecture d' un roman, à l' ombre, au calme, avec un bon casse croûte au fond du sac. Seul petit bémol : « J' aimerais bien que le site de la Vaite soit réhabilité rapidement. Des clôtures, des bordures, quelques caisses à outils et serait très bien », conclut-il.
PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION DES JARDINS FAMILIAUX, JEAN-CLAUDE FALCINELLA DONNE VOLONTIERS LE BON EXEMPLE.
EN CHIFFRES

9 hectares au total

din Familial de France», précise Jean Claude Falcinella Propriétaire des Lieux, La Ville a consenti de gros efforts ces dernières années afin de réhabiliter les jardins et sécuriser les zones. A ce jour, six sites - Port-Douvot, Relançons, Tille -royes, Montoille, Brûlefoin, Cotombot -ont été aménagés et Le prochain sera celui de Rosemont-Vigneron, le plus important avec Rosemont-CFA (respectif-
vement 57 et 42 parcelles). Bien évidemment Les autres sites bénéficieront des mêmes attentions dans un proche avenir. Au niveau de la collecte des déchets, tâche dévolue jusqu' vici à La Ville à raison de quatre ramassages annuels, une expérience est actuellement conduite à Port-Douvot et aux Tilleroyes. Là, grâce à des composteurs mis à leur disposition gratuitement, les jardiniers gèrent eux-mêmes leurs déchets. Une démarche responsable appelée à se généraliser avec pour conséquences directes un moindre coût pour La collectivité et un amendement des sols. Activité à La fois conviviale, délassante et alimentaire,
QUARTIER
LE REPORTAGE
REALISATION
le jardinage permet d' améliorer l' ordinaire mai 1 s égale
ment d' embellir les intérieurs. « Beaucoup agrémentent leur pacel-
le avec des plantes et des fleurs mais la vocation première des Jar-
dins est la culture potagère», affirme le président de l' association
qui, chaque trimestre, par le biais d' un"4 pages", prodigue à ses
adhérents conseils judicieux, mises en
garde et informations utiles comme par
exemple la galette des rois du 26 février
à la salle Mandela de Planoise ou l'an-
nonce d' un vide-jardin au printemps.
«Au-delà de la garantie de qualité des
produits récoltés qui, parfois, mettent
vraiment du beurre dans les épinards de
certains foyers, les jardins familiaux
représentent une authentique richesse
pour la collectivité, souligne Eric Alau-
zet, adjoint délégué en particulier à
l' Environnement et aux Espaces Verts.
Pour les jardiniers, les heures passées
dans leur parcelle constituent autant
d' occasions de détente, d’évasion, de loi-
sir et d' échanges avec leurs voisins. La Ville également tire profit de cette activité car les jardins, souvent fleuris,

 

Un 16e site à Isenbart

Théâtre il y a peu d' un tragique fait divers, le site d'lsenbart va connaître une nouvelle destination

conformément au souhait du maire. Bénéficiant d' un renforcement de l' éclairage public, il viendra grossir le giron des jardins familiaux avec une priorité accordée aux habitants du centre-ville. Entre 6 et 7 parcelles pourront être distribuées a la mi-novembre une fois le défrichage, l' élagage, le métrage,
l' adduction d'eau et l' équipement des lieux achevés. En raison de la présence de la source de la Mouillère, seul affluent du Doubs sur le territoire communal, les futurs jardiniers auront pour obligation de ne pas utiliser des produits phytosanitaires. Autre particularité : une des parcelles sera réservée aux écoles d'Arènes et de l'Helvétie pour une approche pédagogique du jardinage avec le renfort d' un des animateurs de la Petite École dans la Forêt. « L' objectif Cri, d' éclaircir et d' aérer les lieux. En un mot, de les rendre plus vivants», révèle Eric Alauzet, adjoint en chance du dossier

à l' enrichissement et à la diversité des pays tout en apportant des espaces de respiration indispensables.» P.I. . . . . . Contact : association des jardins familiaux de Besançon et environs -6, avenue de la Vaite. Tél : 03.81.80.07.20.

RENCONTRE

 

Le passe-temps d'Ingrid Bolot

Aide saignante, lngrid Balai loue une parcelle depuis son arrivée à Planoise, début 2004. « Je peux m' ressourcer et retrouver le contact de la terre », raconte cette souriante jeune femme de 24 ans, qui a quitté le centre-ville pour un cadre plus verdoyant. A deux pas de son appartement du quartier des Vallières, elle cultive pommes de terre, salades, carottes et courgettes dans un espace de 250 ni'. Un peu surprise par l' étendue du terrain, l' apprentie jardinière a pu compter sur l' aide de son compagnon et de sa famille pour retirer les mauvaises herbes et lutter contre les taupes ; « Mes parents viennent souvent me donner un coup de main. Mon père retourne la terre avec sa motobineuse et ma mère me donne des conseils de plantation ». Pour lngrid, qui fait pousser également des oeillets et des dahlias, le jardin familial est un passe-temps avant d' être une passion : " Le soir et le week-end, passer quelques heures au jardin permet d' oublier le travail. De plus, en rentrant c' est un plaisir de pouvoir manger ce qu' on a cultivé ».

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