Comment ça marche les

jardins familiaux?

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Quatorze sites, bientôt 15, disséminés dans la ville.
349 urbains qui retrouvent leurs racines en bêchant. Ces jardins
sociaux appelés jadis ouvriers sont lus que centenaires.

Jean-Claude Falcinella, président de l'association des jardins familiaux depuis 6 ans, et Ludovic Ellena, emploi-jeune chargé de la promotion du jardinage.Alain randvoinnet cultive ses tomates, chemin de Montoille.
Photos Jacques CHARLES

Au départ était l'homme des champs, autosuffisant grâce à son potager. Puis vint le déracinement de l'ouvrier. Le 21 octobre 1896, l'abbé Jules Lemire, député du nord, crée La ligue du coin de terre et du foyer pour consolider la famille en l’établissant sur sa base naturelle :<< la terre et le foyer>>, et pour distraire l'ouvrier de sa machine, l'aider à se nourrir,
s'oxygéner... , les jardins sont une panacée, Ouvriers puis familiaux. Besançon n'est pas eni reste dans cette histoire sociale. Entre 1898 à 1903, les premiers jardins Ouvriers prennent racine sur des terrains municipaux. Le patronage revient alors à l'Institution Sainte-Marie, Des lopins de campagne font de la résistance à l’urbanisation galopante.

Pendant la Première comme la Deuxième Guerre mondiale, face aux problèmes de ravitaillement., les jardins sont réquisitionnés et nourrissent les soldats.Après 1945, le credo des jardins ouvriers fléchit. Est-ce la poussée des HLM, l'amélioration du niveau de vie, le développement des résidences secondaires ? Toujours est-il que, de 700.000 après la guerre en France, les jardins ouvriers chutent à 130.000 en 1978. Jusqu'à l'embellie des années 80, quand le poulet aux hormones commença à écoeurer, que cette campagne à la ville redevint en odeur de sainteté. Sauf que d'ouvriers, ces jardins sont devenus familiaux, plus exclusivement réservés aux seules familles ouvrières.

A Besançon, l'embellie de ces jardins ne se démentit pas, Quatorze sites ont été aménagés, soit plus de huit hectares de terrain municipaux. Si les jardins historiques sont bien sur ceux de Planoise,ces poumons du jardinage essaiment, aujourd'hui tous les quartiers: Velotte, Vaite, Gare d'Eau, Malcombe, SaintFerjeux, Tilleroyes, rue de Vesoul, Clairs-Soleils, Battant, Chaprais. Et un quinzième doit ouvrir début 2001 chemin des Relançons aux Orchamps.

Le président de l'Association des jardins familiaux qui gère les jardins depuis 1986. Jean-Claude Falcinella, parle d'une longue liste d'attente de candidats à un lopin de terre.
« Pour nourrir la famille» Il y a encore une majorité de personnes modestes qui jardinent avant tout pour nourrir la famille. 50% d'ouvriers, 70 % de Personnes d'origine étrangère, de plus en plus de retraités.


Nous privilégions les familles nombreuses mais il y a une certaine mixité sociale. Illustration de cette voca-tion sociale: un emploi-jeune travaille depuis deux ans et demi à
l'animation des jardins. Notamment sur le site réservé, Bousserotte, au public du Planning familial. «Nous travaillons de concert avec les assistantes sociales. Avec le comité de probation (les peines aussi. J'accueillie des personnes a un TIG (travaux U~~ d'in té, et public) », explique Ludovic Ellena.
Celui-ci est avant tout le missionnaire du jardinage, chargé de porter la bonne pioche dans les écoles. A Condorcet, il cultive avec les enfants un jardin dans l'école. Aux Clairs-Soleils, à Vaite, à la Malcombe..., ils ont leur carré de légumes qu'ils apprennent à cultiver. Une pédagogie de la culture potagère qui se préoccupe du respect de la nature. L'association a signé la Charte de l'environnement et en cela s'engage à proscrire les désherbants totaux et à promouvoir le compostage. Mais les jardins familiaux, c'est avant tout 349 jardiniers du dimanche qui transpirent sur leur carré de terre pour le plaisir de manger des légumes frais, de faire des économies et de prendre l'air sur un lopin de liberté et de convivialité.

Maud SALIGNAT

Ils bêchent, plantent
et désherbent

Joseph et sa dernière trouvaille esthétique: des plantes artificielles pour le décor!

Repiquer, replanter, désher[)et, arroser.. C'est le lot com.non des jardiniers. Sauf qu'ici, chemin de Montoille, on v vient après le boulot, le week?end, les vacances. Les soirs de chaleur, il n'est pas rare de les voir deviser de la pluie et du beau temps en buvant l'anisette, Alain, lui, passe la majeure partie de son temps sur son carré, à cette saison. Fruits et légumes sont prêts à pointer leur nez. <, J'ai récolté 10 kg de haricots l'année dernière ! » dit?il fièrement. Chef comptable, il a été mis en invalidité il y a 4 ans. Pour s'occuper. mais <, pour manger aussi,, il prend le temps de cultiver ses tomates, choux de Bruxelles, salades, pommes de terre, framboises, groseilles, potirons. Et même des melons, des fèves, des crosnes, des pois chiches!
«J'ai appris avec mon père. » Sur ses terres, 250 m2 en pente sous le soleil, il transpire. Il promèr e ici ses petits?enfants. Et apprécie l'entraide qui y règne. « Mon voisin vient d'arriver. Je vais lui donner un coup de main. » Heureux, le jardinier qui pressent une bonne année pour la récolte.
Sur un autre lopin de terre, Joseph. Lui, a participé à la rénovation du site en tant
qu'ouvrier Il a eu le coup de foudre. Peut-être parce qu'il ' y a plus de 20 ans, il a cultive la canne à sucre à sa Réunion natale. Il ne cache pas sa joie d'avoir trouve la de quoi se vider la téte». ,Etre libre, ça fait du bien!>, Il est aujourd'hui au chômage, ce père de sept enfants ( « bientôt huit)
Il leur aménage un coin jeux. à l'ombre, Il a poème rêvé de creuser une petite piscine pour les plus jeunes. Non content de cultiver les légumes du parfait potager, il tente des expériences d'esthète. Des bananiers ont poussé, mais soudainement assassinés par le gel, Sur un escalier en pierres sèches qu'il a construit pour aplanir le terrain, il a prévu de planter une plante artificielle 1.